Les remèdes homéopathiques en pratique

De nombreux patients viennent au cabinet homéopathique principalement en raison de plaintes physiques. Il s’agit souvent de plaintes chroniques ou récurrentes. Cependant, lors de l’entretien d’anamnèse, il s’avère rapidement qu’il y a un profond chagrin derrière le problème physique, et que c’est la véritable pathologie : celle à guérir.

En tant que méthode holistique, l’homéopathie classique a toujours la personne entière à l’esprit : les symptômes physiques et mentaux sont utilisés de la même façon pour trouver des remèdes. Si les symptômes physiques sont l’expression du problème psychologique sous-jacent, on recherche un remède homéopathique qui soit lié à la fois à l’organe avec lequel le corps du patient réagit, qui sert d’exutoire à la surcharge psychique, et au problème psychologique : le chagrin.

Le médecin et homéopathe indien met en garde contre l’utilisation sans critique de rubriques émotionnelles telles que « le malaise par le deuil », car, comme il le dit, celles-ci « laissent beaucoup de place à l’interprétation ». Il est donc important de rechercher les symptômes individuels et particuliers qui sont caractéristiques du patient en question, ses plaintes physiques et, surtout, son schéma de réaction personnel, c’est-à-dire la façon dont il ressent sa souffrance, la façon dont il la traite et les mots utilisés pour la décrire. À ce stade, il peut être très utile d’utiliser le concept de la méthode de la sensation en plus de l’homéopathie classique, afin de rendre justice à l’individualité de chaque patient.

Ceux qui s’appuient trop sur des rubriques générales pour présenter les « patients en deuil » se retrouveront avec des prescriptions éprouvées comme Natrium muriaticum, Ignatia, Staphysagria, Pulsatilla ou Carcinosinum et seront surpris que le succès de guérison souhaité ne se concrétise pas. Trouver le bon remède homéopathique n’est pas toujours facile.

Le deuil : qu’est-ce que c’est de toute façon ?

Du point de vue de la psychologie, le deuil est compris comme le désespoir et l’impuissance. D’autres sensations importantes sont la douleur mentale, le chagrin, la tristesse, la déception, l’amour déçu, un sentiment de solitude et d’isolement ainsi que le sentiment de ne pas être remarqué ou d’être rejeté, d’être sans valeur.

La méthode Sensation est basée sur l’homéopathie classique de Hahnemann, mais l’a complétée par un outil extrêmement précieux : la différenciation entre les royaumes et sous-royaumes naturels ainsi qu’un traitement plus complexe des miasmes. Après une anamnèse ouverte, où l’accent est mis non seulement sur les faits mais aussi sur la façon dont le patient s’exprime, sur les mots et les gestes de la main qu’il choisit et sur sa façon d’agir, c’est-à-dire sur sa vivacité ou sa réserve, suit l’analyse du cas.

Tout d’abord, il est décidé de quel royaume naturel doit provenir le médicament qui doit aider le patient. On distingue les règnes végétal, animal et minéral. En outre, il existe des nosodes, des sarcodes et des impondérables. Cette procédure est basée sur la connaissance que la sensation et l’expression des différents royaumes diffèrent grandement les uns des autres. Un « patient végétal » est extrêmement sensible aux influences extérieures, tandis qu’un « patient animal » est influencé par les stratégies de survie du monde animal. Il s’agit de la survie à poil : manger ou être mangé, vous ou moi. L’un est l’agresseur, l’autre la victime. Le blâme est généralement recherché avec l’autre. Les patients miniers, en revanche, ressentent un manque de capacités en eux-mêmes qui les empêche de maîtriser leur vie quotidienne. Ils ont un problème structurel.

Dès que le domaine a été déterminé, il s’agit de choisir le sous-réalisme : pour les « patients des plantes », en fonction du type de sensation spécifique, on recherche la famille de plantes appropriée, pour laquelle il existe des critères clairs. Les symptômes du test sont décisifs à cet égard. Chez les « animaux », la différenciation se fait en fonction des stratégies de survie et des schémas de réaction exprimés dans l’anamnèse. Ils peuvent être attribués à une famille animale spécifique, par exemple les mammifères, les mollusques, les oiseaux ou les reptiles. Pour une délimitation plus détaillée du remède minéral approprié, nécessitant souvent des combinaisons de remèdes (sels), on utilise le tableau périodique ou son interprétation. Enfin, l’individualité et la spécificité des symptômes déterminent le remède à prescrire.

Après cette brève introduction extrêmement fragmentaire à la méthode Sensation, il aurait dû apparaître clairement comment les remèdes homéopathiques pour le deuil peuvent être différenciés les uns des autres : riche, peu riche et médicinal.

La raison de cette approche particulière réside dans la prise de conscience que chaque être humain a une affinité avec un certain royaume de la nature. Il est donc concevable que trois patients différents ayant des antécédents médicaux très similaires se présentent au cabinet, chacun d’eux ayant un sentiment d’isolement, de solitude, de mépris et de manque d’amour. Tous trois souffrent d’insomnie, d’humeur dépressive et d’envies de chocolat et de nourriture salée. Néanmoins, le premier patient ressent et décrit ses plaintes comme « animales », le deuxième comme « végétales » et le troisième comme « minérales ». Il est important que la classification selon un domaine se fasse au niveau de sensation la plus profonde, car les adultes, en particulier, peuvent avoir des portions de tous les domaines, mais seulement jusqu’à un certain niveau. Une fois que nous avons atteint la racine de la pathologie avec l’anamnèse, un certain domaine se cristallise.

S’il n’est pas possible de faire entrer le patient dans la sensation vitale pendant l’anamnèse, ce qui arrive souvent, nous devons être ouverts à ce que le patient nous fournit, où il nous mène. Un symptôme frappant et unique, auquel nous ne nous serions pas attendus ou dont nous n’avons jamais entendu parler par un autre patient auparavant, peut également nous mettre sur la bonne voie.

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