Satiriase ou l’hypersexualité chez le genre masculin

La satiriase, ou addiction sexuelle chez les hommes, rend l’acte sexuel encore plus désagréable. Cette dépendance au sexe peut devenir un problème très sérieux. Avec le temps, la satiriase peut conduire un homme à perdre le plaisir du sexe. En outre, elle peut priver les hommes d’accepter leur corps et de donner libre cours à leurs fantasmes sexuels. Le désir se transforme en besoin. La satisfaction de ce besoin devient la cause d’une grande anxiété qui monopolise les ressources et étouffe le plaisir.

Qu’est-ce que la satiriase ?

La satiriase est une hypersexualité chez l’homme. Il s’agit d’un trouble caractérisé par un comportement sexuel compulsif. Si la personne qui est l’objet de ce trouble est incapable d’avoir des relations sexuelles, ses fantasmes érotiques deviennent une obsession et elle perd le plaisir. En raison de son obsession, la personne souffrant de cette condition a besoin d’augmenter son comportement sexuel. Cela s’applique à la fois à l’intensité et à la fréquence. C’est la seule façon pour lui de trouver du plaisir. Si, en revanche, il n’est pas en mesure de satisfaire ce besoin, il connaîtra un mécontentement et un malaise très profond. Cependant, dès qu’une certaine limite est dépassée, l’acte sexuel ne provoque plus aucun plaisir chez la personne. Son obsession l’empêche de bénéficier d’un quelconque avantage. Le sentiment de plaisir s’estompe. Sa vie tourne donc autour de la recherche continue de stimuli, sans jamais trouver de véritable satisfaction. Néanmoins, les chercheurs ne s’accordent toujours pas pour classer la satiriase comme un trouble obsessionnel compulsif. De nombreux experts considèrent en effet qu’il s’agit d’un comportement qui entre dans le groupe des addictions normales.

Caractéristiques de la satiriase ou de l’addiction sexuelle chez les hommes

L’hypersexualité chez les hommes présente un certain nombre de caractéristiques communes qui se retrouvent dans un nombre assez élevé de profils. On estime qu’environ 84 hommes souffrant de satiriase ont commencé à manifester cette conduite avant l’âge de 25 ans. Parmi celles-ci, 54 qui, avant même l’âge de 18 ans, ressentaient déjà une certaine dépendance. Beaucoup de gens pensent à tort que ce trouble compulsif est plus fréquent que d’autres. Cependant, rien ne prouve que la dépendance au sexe l’emporte sur la dépendance à la drogue. L’hypersexualité ne découle pas toujours de la recherche du plaisir. Par exemple, dans certains cas, la personne cherche une vanne de sortie. Dans d’autres cas, la raison est l’anxiété, le stress, la solitude ou la tristesse. D’autres sont incapables de faire face à des émotions négatives.

L’addiction sexuelle ne concerne pas seulement les autres personnes

Une erreur très courante consiste à croire que la satiriase est le besoin d’avoir des relations sexuelles avec une ou plusieurs autres personnes. Mais cette obsession est beaucoup plus complexe. Elle peut être causée par un besoin d’estime de soi ou même par la consommation de pornographie. En outre, le seuil à partir duquel on peut parler de satiriase n’est pas clair. Les experts ne sont pas encore parvenus à un accord. En fait, le désir sexuel masculin peut varier considérablement selon la culture, la religion, les habitudes.

Autres curiosités sur la satiriase

Les chercheurs s’accordent à dire que lorsque le comportement hypersexuel provoque un malaise et un malaise, on se retrouve en présence d’un comportement compulsif. Ce comportement peut affecter la socialité de l’individu dans différents domaines. Parmi celles-ci, on trouve les aspects personnels, sociaux, professionnels, économiques, familiaux. D’autres experts ont développé le cycle répétitif observé chez les personnes atteintes de ce trouble. Il est normal que l’homme ait tendance à cacher sa conduite hypersexuelle. Il s’agit en fait d’un trouble peu visible, surtout dans ses premiers stades. Seule la personne qui en souffre, après avoir accepté le trouble, pourra recevoir un traitement approprié. Heureusement, aujourd’hui, ce trouble peut être traité par la psychologie. C’est pourquoi il est important de normaliser la situation, afin qu’il soit plus facile de l’identifier et d’y remédier de manière professionnelle.

Satyriasisme : quand le désir sexuel des hommes devient incontrôlable

Côté femmes, l’hypersexualité est plus communément appelée nymphomanie, en référence aux nymphes, les divinités gréco-romaine. Pour les hommes, on appelle donc cela satyriasisme, en référence aux satyres, ces créatures qui incarnent la force vitale de la nature dans la même mythologie. Le tout est médicalement reconnu dans le terme hyper-sexualité. Elle est composée de trois facteurs :

– Le rêve d’exploits sexuels :le héros se rêve en symbole phallique extrême, en fornicateur sans limite notamment de l’érection, de performance inextinguible. 

– L’obsession sexuelle : de la pornographie virtuelle ou dans la vraie vie, l’obsession se traduit par une activité frénétique de la séduction et du passage à l’acte mais pas forcément bien vécue. Le sujet cherche à acquérir un brevet de virilité qui n’est jamais assouvi assez longtemps.

– La pulsion hypersexuelle, c’est-à-dire l’excès de désir sexuel est dû à une pulsion intense, hyperactive et dérangeante à la fois pour le sujet et pour les tiers. Les causes de ce dérèglement son diverses : psychologiques, carence affective, dépression, ou encore phase maniaque de la bipolarité, neurologiques : dommages du système limbique, amygdale, cortex frontal, hormonale comme l’hypertestostéronémie est l’excès d’hormone mâle ou médicamenteuse comme des anti-parkinsoniens, les agonistes dopaminergiques, pourraient favoriser des comportements addictifs. 

Toutes ces atteintes peuvent être accompagnées de désinhibition verbale, de comportements de séduction exagérés, d’exhibitionnisme, de voyeurisme et bien sûr, des compulsions sexuelles sur-développées et de ses conséquences physiques et psychologiques.  La libido étant une variable très personnelle, il est très difficile de définir un niveau normal de pulsions sexuelles.Deux, trois ou douze fois par jour, peu importe on est atteint d’hypersexualité lorsque les conséquences sur le plan social deviennent ingérables.On parle alors d’addiction sexuelle, lorsque le besoin se substitue à l’envie. Attention, cette affliction est à ne pas confondre avec le syndrome d’excitation génitale persistante qui est une excitation permanente par exemple, un orgasme sans lien avec le désir ou sa stimulation, qui peut même durer des jours entiers.

L’hypersexualité est-elle une maladie ?

Êtes-vous Sex addict ? Les mots varient selon les époques pour définir l’excès des sens. À la fin du XIXe siècle le Dr de Bienville parlait de fureur utérine mais les sexologues modernes se sont efforcés de mieux définir ce qu’était l’hypersexualité. Tout d’abord un manque de contrôle sur des pensées sexuelles intenses et récurrentes, des envies ou des comportements sexuels pressants, ne suffisent pas pour poser le diagnostic. Encore faut-il que cela ait des répercussions sur la vie quotidienne ou soit source de souffrance pour soi ou les proches. Le fait que ces pensées ou comportements envahissants soient une réponse à des troubles de l’humeur : anxiété, dépression, ennui, irritabilité ou au stress, peut aussi entrer dans les critères d’hypersexualité. Ainsi définie, la maladie a failli entrer dans le manuel de référence de psychiatrie américain, mais elle a été écartée faute d’un nombre suffisant d’études convaincantes pour l’étayer. Même le mécanisme physiopathologique à l’origine de l’hypersexualité demeure incertain. Désordre neurobiologique avec une activation anormale du système de récompense cérébrale lié à l’activité ou aux pensées sexuelles? Variante d’un tempérament obsessionnel compulsif? Effet indésirable d’un médicament ou de drogues? Manière de gérer des émotions négatives ou sa fragilité ?

Des conséquences majeures sur la vie de couple

Dans une étude, un Pr de l’université de Californie à Los Angeles, avait, avec ses collègues, étudié l’histoire de 152 patients hypersexuels. Il s’agissait essentiellement d’hommes âgés en moyenne de 41 ans et majoritairement hétérosexuels. Si la moitié d’entre eux se plaignait épisodiquement, pour l’autre moitié l’hypersexualité était permanente. De plus, les troubles s’étaient manifestés avant l’âge de 18 ans pour 54 %, entre 18 et 25 ans pour 30 % ce qui en fait un désordre d’apparition précoce. Parmi les conséquences de l’hypersexualité, la fin d’une relation de couple concernait 16 % des personnes interrogées. Mais d’autres conséquences sont encore plus répandues: une incapacité à avoir des relations sexuelles équilibrées 67 %, une légère altération de la santé mentale 73 % et une partenaire amoureuse blessée émotionnellement 68%.

Pas seulement une question de quantité de sexe

Ce qui est sûr c’est que la quantité d’activité ou de pensées sexuelles ne suffit pas à déterminer l’hypersexualité. Les tentatives de définir ce qui constituerait un volume normal de sexe sont vouées à l’échec. Il s’agit davantage d’une norme sociale que d’une réalité physiologique. De la même façon que le désir sexuel est parfois assimilé, à tort, à un besoin vital : type boire, manger, dormir, respirer. Une nouvelle étude sur 510 personnes, réalisée par un Pr avec ses collègues de l’université de Nouvelle Angleterre à Amidale en Australie, montre par exemple que se baser sur l’activité sexuelle, nombre de fantasmes, masturbations, flirts, baisers, et rapports sexuels n’est pas prédictif d’hypersexualité. Finalement, les sexologues en sont réduits, ce qui semble raisonnable, à prendre en charge ceux qui souffrent d’une sexualité envahissante, quel qu’en soit le degré. Ce n’est qu’après avoir démêlé, au cas par cas, le contexte de cette hypersexualité que la thérapie pourra commencer.

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