La thérapie interventionnelle de la douleur et planification avancée des soins

Nouveaux domaines d’activité pour les soins infirmiers : thérapie interventionnelle de la douleur et planification avancée des soins

Les procédures interventionnelles pour la thérapie de la douleur sont indiquées pour 10 à 15 patients en phase finale de cancer – un domaine d’activité également très vaste pour le personnel infirmier. Les mesures thérapeutiques doivent être déterminées en temps utile dans le cadre de la planification avancée des soins.

Quatrième étape du traitement de la douleur chronique ?

Les mesures thérapeutiques pour ces patients doivent être envisagées et déterminées en temps utile dans le cadre de la planification des soins avancés. Ces deux sujets ont été abordés lors d’un symposium sur les concepts de soins innovants dans le cadre du congrès DGHO 2017 à Stuttgart.

Le programme de l’OMS pour le traitement de la douleur comprend trois étapes avec l’administration d’analgésiques non opiacés à la première étape, l’utilisation d’opiacés faibles et d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) à la deuxième étape et l’administration d’opiacés forts à la troisième étape. En 2010, Vargas-Schaffer a proposé un programme adapté de l’OMS avec une quatrième étape pour le traitement des crises chez les patients souffrant de douleurs chroniques graves. Cela inclut des procédures interventionnelles telles que l’analgésie intraveineuse ou sous-cutanée contrôlée par le patient (ACP), les blocs nerveux périphériques, les procédures proches de la moelle épinière, la neurolyse ou les infiltrations.

Selon le Dr Monika Kirsch, médecin à Bâle, les trois premiers stades ne sont plus suffisants pour les patients de 10 à 15 ans atteints de cancer ; ils doivent être traités par des procédures de stade 4. Toutefois, selon M. Kirsch, les méthodes d’intervention sont trop rarement utilisées. Cela s’explique notamment par le fait qu’ils ne sont pas suffisamment connus des médecins traitants. Il y a souvent un manque d’expérience dans la mise en œuvre des procédures et la prise en charge des patients. En outre, l’anesthésie est une autre spécialité qui doit être intégrée dans l’équipe de soins palliatifs. En particulier, le suivi est instable. Les patients rejettent souvent les procédures interventionnelles parce qu’elles sont trop complexes, que la technique leur est inconnue et qu’ils ont peur. Ces craintes des patients doivent être prises au sérieux. Il est important de préparer le patient à de telles situations grâce à la planification avancée des soins (PAC) afin d’éviter un « phénomène trop tardif ».

Blocs régionaux périphériques et interventions par cathéter près de la moelle épinière

Un bloc périphérique avec blocage d’un seul nerf ou d’un plexus nerveux sous anesthésie locale est indiqué dans les fractures pathologiques ou les métastases squelettiques. Les effets secondaires peuvent comprendre une faiblesse motrice ou une paresthésie. Il convient d’être attentif aux intoxications provoquées par les anesthésiques locaux en cas d’administration intravasculaire accidentelle. Un bloc peut être utilisé pendant 3 à 7 jours, voire plus longtemps dans des cas exceptionnels.

La thérapie intrathécale de la douleur est réalisée à l’aide d’un cathéter situé sous la dure-mère, qui est inséré dans la région lombaire puis avancé crâniquement jusqu’à la position souhaitée. Le cathéter est percé d’un tunnel afin de minimiser le risque d’infection et d’éviter qu’il ne s’arrache. La thérapie de la douleur intrathécale doit être envisagée dans la situation palliative d’une thérapie de la douleur inadéquate avec une consommation élevée d’opioïdes et/ou un stress important du patient dû aux effets secondaires des opioïdes. La situation individuelle du patient, ses souhaits, ses possibilités et aussi l’adhésion au traitement proposé doivent être pris en compte. Les complications liées aux cathéters peuvent inclure des maux de tête (infections neurologiques des cavités), des infections de cathéters, la perte de liquide céphalorachidien, des défauts de cathéters ou un granulome de cathéter.

Les infirmières spécialisées dans la thérapie interventionnelle de la douleur ont une multitude de tâches telles que le conseil, l’information et l’orientation des patients et de leurs proches, l’observation des patients avec l’évaluation et le suivi des effets et des effets secondaires de la thérapie et sa documentation. Ils peuvent faire fonctionner des pompes et apporter leurs connaissances techniques. Le soutien psychosocial des patients et des proches durant cette phase difficile de la maladie est également important. Une condition préalable indispensable à la thérapie interventionnelle de la douleur est une excellente mise en réseau, car elle n’est possible qu’avec une équipe de traitement interdisciplinaire.

Planifier le traitement à l’avance 

La décision sur les mesures médicales qui doivent et peuvent être utilisées en fin de vie est facilitée par le nouveau concept de planification avancée des soins (Advanced Care Planning, ACP) ou de planification des traitements à l’avance (Planning Treatment in Advance, BVP), qui a été présenté par Elisabeth Krull, spécialiste des soins oncologiques et palliatifs, Weihmichl.

Le concept d’ACP comporte deux niveaux. Le niveau personnel, individuel, comprend un processus de discussion accompagné par des professionnels, dans lequel les personnes intéressées discutent de leurs souhaits personnels pour un traitement médical futur en cas d’incapacité de donner leur consentement, afin de les documenter de manière compréhensible. Un niveau systémique avec une mise en œuvre institutionnelle et régionale doit garantir que les directives anticipées sont disponibles en toute sécurité et prises en compte de manière fiable.

Les testaments de vie traditionnels ne sont destinés qu’à des situations très spécifiques, comme le stade final d’une maladie grave, une démence avancée ou un coma vigilant. Les testaments de vie des ACP sont beaucoup plus différenciés, plus significatifs pour les représentants et les praticiens et sont consignés dans des documents définis.

Le concept comprend la légitimation d’un représentant et un historique détaillé des valeurs comme base. Le traitement en cas d’incapacité permanente à donner son consentement et en cas de survenue supplémentaire de crises inattendues est à déterminer. À cette fin, une ordonnance du médecin peut être établie en cas d’urgence. En outre, les traitements hospitaliers en cas d’incapacité à donner un consentement éclairé d’une durée indéterminée ainsi que les souhaits et les particularités des soins palliatifs doivent être enregistrés et documentés.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *